22.1.15
2014 : une année noire pour les abeilles et l'apiculture française
Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles tire la sonnette d'alarme et appelle les pouvoirs publics à réagir sans délai. Objectif : éviter le naufrage de la filière apicole en 2015. Alors que la saison apicole touche à sa fin, le bilan de l'année 2014 est sans appel : C-A-T-A-S-T-R-O-P-H-I-Q-U-E ! Partout, on entend le même refrain sur l'absence de production de miel alors même que le taux de mortalité des colonies d'abeilles domestiques en sortie d'hiver était considéré en Europe comme normal (inférieur à 10% selon la dernière étude COLOSS (Prevention of Honey Bees Colony Losses)). Il n'est d'ailleurs pas facile d'avoir des chiffres précis à l'échelle nationale. Seules 650 000 ruches sont répertoriées en France. Les estimations laissent penser que plusieurs dizaines voire centaines de milliers d'autres échappent à ce recensement. Cela rend le suivi de la filière quasi-impossible. Il est donc bien difficile de connaître précisément la production de miel en France cette année. Mais les estimations les plus crédibles laissent toutefois penser qu'elle se situe aux alentours de 10 000 tonnes voire moins, soit près de 4 fois moins qu'il y a 20 ans.
« Comment, expliquer un tel fiasco alors que la France s'affiche vertueuse en matière de réduction des produits phytosanitaires, qu'elle s'est doté d'un institut technique apicole et qu'elle développe depuis un an le PDDA (Plan de Développement Durable de l'Apiculture) ? » s'interroge Philippe Lecompte, apiculteur bio professionnel et Président du Réseau Biodiversité pour les Abeilles. « Suite aux décisions de la Commission Européenne et du Ministère de l'Agriculture, de nombreux produits phytosanitaires ont été supprimés. L'action des pouvoirs publics s'est concentrée sur le facteur « pesticides » en oubliant le reste, à commencer par la ressource florale et le volet sanitaire. Force est de constater que c'était une erreur. Il devient urgent de corriger le tir sous peine de mettre en péril l'existence même d'une filière apicole en France » avance Philippe Lecompte. Et la menace est à court terme. Pour le Réseau Biodiversité pour les Abeilles, les pouvoirs publics doivent prendre toute la mesure de la gravité de la situation et y répondre de manière rapide et efficace en s'appuyant sur les modèles qui fonctionnent à l'étranger, comme la Roumanie qui a vu sa production doubler en 10 ans.
L'urgence de la ressource alimentaire Sans fleurs, pas de pollen indispensable à la défense immunitaire des abeilles. Sans fleurs, pas de nectar. Sans nectar, pas de miel. Certaines évidences doivent aujourd'hui être rappelées. La saison 2014 avait pourtant bien démarré avec de faibles mortalités hivernales et des miellées de colza prometteuses au printemps. Mais la floraison chétive des espèces sauvages due à la sécheresse du printemps a provoqué une diminution drastique de la ressource. Cela explique d'une part l'explosion des pathologies (Nosema ceranae, CBPV et autres virus) et d'autre part la forte diminution des récoltes de miels postérieures à ces floraisons. Pionnier dans la mise en œuvre et le développement des jachères apicoles et autres aménagements destinés à offrir tout au long de la saison un bol alimentaire satisfaisant et diversifié pour les butineuses, le Réseau Biodiversité pour les Abeilles s'inquiète vivement...
Lire la suite...
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire